Le jour où... Michele Alboreto devint le dernier Italien à faire triompher une Ferrari

Michele Alboreto, né le 23 décembre 1956 et décédé le 25 avril 2001, était un pilote italien. Entre 1981 et 1994, il prit le départ de cent quatre-vingt quatorze grands-prix, en remportant cinq. Deuxième du championnat 1985, il a aussi grimpé vingt-trois fois sur le podium, et a récolté 186,5 points.

Le 4 août 1985 eut lieu, sur le circuit du Nürburgring, pour la première fois dans l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui, le Grand Prix d’Allemagne, neuvième manche de la saison. Deux hommes étaient à la lutte pour le titre : l’Italien Michele Alboreto, sur Ferrari, et le Français Alain Prost, sur McLaren. Depuis sa victoire au Canada, lors du cinquième grand prix de l’année, l'Italien occupait la tête du championnat, mais Prost ne comptait alors que deux points de retard.

Lors des qualifications, disputées à l’époque sur deux jours, la pluie fit son apparition en début de séance. Cela permis à Teo Fabi de se montrer le plus rapide le vendredi. Et la pluie tombant de plus belle le lendemain, rien ne bougea, et on se retrouva donc avec une grille surprenante, Fabi devançant la seconde Ferrari de Johansson, puis Prost, alors qu’Alboreto se qualifia seulement huitième. Guère coutumier des premières lignes, Fabi manqua complètement son envol, et s’ensuivit un joyeux désordre, dont profita Alboreto pour grimper jusqu’au troisième rang, derrière Rosberg et Senna, et devant de Angelis et Prost. Au premier virage, il fut pourtant heurté par son propre équipier, mais si le Suédois dut repasser par les stands pour réparer son pneu crevé, aucun dégât ne fit son apparition sur la Ferrari portant le numéro 27. Assez rapidement, Rosberg et Senna s’échappèrent, alors que Alboreto dut contenir de Angelis et Prost, très pressants derrière lui. Au quinzième tour, il pointait ainsi à huit secondes du duo de tête, quand Prost en accusait moins de deux de retard sur lui.

Un tour plus tard, Senna dépassa Rosberg, mais il ne fit illusion que quelques boucles, car au vingt-septième tour, il renonça, pour la septième fois d’affilée, sa pire série. Rosberg reprit alors le commandement, et Alboreto grimpa en seconde position, toujours talonné par de Angelis. Au trente-cinquième tour, Rosberg commença à avoir des problèmes de boîte de vitesses ; Alboreto, de Angelis et Prost en profitèrent pour revenir : à moins de cinq secondes au trente-huitième tour, et à moins de deux secondes cinq tours plus tard. Entre temps, Elio de Angelis vit son moteur rendre l’âme. Voilà un adversaire de moins pour Alboreto, mais il resta le pire, à savoir son grand rival pour le titre, Alain Prost. Une fois débarrassés de Rosberg au quarante-cinquième tour, les deux hommes purent s’expliquer.

Il apparut bien vite que la McLaren était plus rapide que la Ferrari. Ceci fut de plus accentué par le fait que Prost ait pu profiter de la lutte entre Alboreto et de Angelis pour laisser quelque peu souffler sa voiture. Prost passa plusieurs tours dans les échappements de son rival, avant d’enfin tenter sa chance, au cinquante-huitième tour. Voulant prendre l’aspiration, il se retrouva alors déventé, et partit en tête à queue. S’il put reprendre la piste, il perdit une quinzaine de secondes dans l’affaire, et par la même occasion toute chance de victoire. Alboreto put alors aller cueillir sa cinquième victoire, qui serait par ailleurs sa dernière. En effet, il connut une fin de saison désastreuse, marquée par quatre abandons lors des quatre dernières courses, et il dut renoncer au titre, terminant deuxième, à vingt points d’Alain Prost.

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Cette victoire reste surtout la dernière d’un pilote italien dans une Ferrari. En effet, depuis Alboreto, Morbidelli, Capelli, Larini, Badoer, et Fisichella disputèrent au moins une course pour la Scuderia, mais aucun ne put en remporter une seule…

Le classement final de la course

        Grille Tours Retard Points
1 M. Alboreto Ferrari 8 67 1:35:31.337 9
2 A. Prost McLaren 3 67 +11.7 6
3 J. Laffite Ligier 13 67 +51.2 4
4 T. Boutsen Arrows 15 67 +55.3 3
5 N. Lauda McLaren 12 67 +74.0 2
6 N. Mansell Williams 10 67 +76.8 1
7 G. Berger Arrows 17 66 +1 tour  
8 S. Bellof Tyrrell 19 66 +1 tour  
9 S. Johansson Ferrari 2 66 +1 tour  
10 M. Brundle Tyrrell 26 63 +4 tours  
11 P. Martini Minardi 27 62 +5 tours  
12 K. Rosberg Williams 4 61 +6 tours  
Abd. E. Cheever Alfa Romeo 18 45    
Abd. E. de Angelis Lotus 7 40    
Abd. H. Rothengatter Osella 25 32    
Abd. T. Fabi Toleman 1 29    
Abd. A. Senna Lotus 5 27    
Abd. D. Warwick Renault 20 25    
Abd. N. Piquet Brabham 6 23    
Abd. P. Tambay Renault 16 19    
Abd. M. Surer Brabham 11 15    
Abd. M. Winkelhock RAM 22 8    
Abd. R. Patrese Alfa Romeo 9 8    
Abd. F. Hesnault Renault 23 8    
Abd. P. Alliot RAM 21 8    
Abd. J. Palmer Zakspeed 24 7    
Abd. A. de Cesaris Ligier 14 0    
NQ P. Martini Minardi        

MTC : Niki Lauda (McLaren) : 1:22.806 (Tour 53)

Commentaires (2)

1. alain de C 19/09/2012

cet article sur Alboretto est tres interressant; néanmoins je m'interroge sur le classement de ce GP d'allemagne:
Il n'y a que 27 voitures classées ou abandon: bizarre ce nombre impaire.Par ailleurs on trouve 3 Renault mais une seule TOLEMAN, OSELLA ZAKSPEED....
Merci de m'éclairer sur ce point, car à ma connaissance en 1985 il fallait comme aujourd'hui 2 voitures par écurie.

Guillotin Louis

Guillotin Louis Le 20/09/2012

La troisième Renault n'a disputé qu'une course cette année, et Renault est la seule écurie à avoir aligné trois voitures lors du même grand-prix. La raison ? Tester les caméras embarquées ! Quand aux écuries n'ayant qu'une seule voiture, elles sont dues aux chaînes de télévision, qui voulaient voir une grille bien remplie. Cela permit donc à des écuries à faibles moyens de s'aligner, parfois avec succès (Minardi a longtemps existé). C'est à partir de 1992 qu'engager deux voitures devint obligatoire.

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